Pourquoi ce prix littéraire ?

Les liens culturels qui se sont tissés au fil des siècles entre l’Orient et l’Occident ont été très tôt littéraires. Après la conquête d’Alexandre et l’émergence de l’empire et de l’art Sassanide, puis avec l’ouverture des routes « dites de la soie », l’occident découvre les récits de voyage de Marco Polo et différentes traductions : celle du Coran et du Conte des Mille et une nuits par Antoine Galland, celle du texte fondateur du Mazdéisme par Anquetil du Perron ainsi que la traduction-fiction de contes indiens et persans par Petis de la Croix interprète du roi et professeur d’arabe au Collège royal. On peut citer également les écrits du médecin philosophe François Bernier, ceux du chevalier Jean Chardin et du commerçant Jean-Baptiste Tavernier sans oublier bien sûr les fameuses lettres persanes de Montesquieu. Nul doute que cette connaissance livresque s’est approfondie au 17 ième siècle avec les nombreux rapports détaillées des sinologues de la Compagnie de Jésus. Le 19 ième siècle, quant à lui, a vu s’épanouir l’orientalisme pictural mais aussi littéraire avec les récits de voyages de François-René de Chateaubriand, de Gustave Flaubert, d’Hermann Hesse, de Théophile Gautier, d’Alphonse de Lamartine, de Gérard de Nerval, de Pierre Loti. Peu à peu, l’Orient réel du récit de voyage s’est fondu dans l’Orient rêvé du romancier, mais cet Orient lointain et mystérieux est resté toujours présent dans notre imaginaire collectif.
Ce Prix se veut donc d’abord un hommage à tous ces pionniers de la découverte de l’Orient.
Mais il se situe aussi dans notre volonté d’associer à notre démarche multidisciplinaire la création littéraire et dans notre volonté d’intéresser le public toulousain à ces peuples qui vont dans un proche avenir nous interpeller.

En distinguant une oeuvre et un auteur contemporain, nous voulons porter à la connaissance des toulousains un autre Regard sur I’Orient, un regard sombre ou lumineux – c’est selon – mais un regard décalé qui vienne compléter celui que nous lui donnons au cours de nos conférences mensuelles et de notre colloque annuel. Nous voulons que le public retrouve l’Orient à travers la lecture. Car la lecture possède cette vertu magique de nous transporter, grâce à la musique des mots et au rythme des phrases, dans cet univers composite imaginé à la fois par l’auteur et par le lecteur. Je terminerai en disant que ce prix porte un nom « Académie Toulousaine de l’Orient – Ombres Blanches ». Nous avons trouvé, en effet un partenaire de choix. La grande librairie OMBRES BLANCHES qui reste à nos yeux un des foyers indispensable au bouillonnement de la culture de la ville de Toulouse a bien voulu nous accompagner. Au nom de notre collège et de notre Conseil d’administration, nous remercions chaleureusement M THOREI, de sa bienveillante complicité.